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Les peaux de castor

On trouve de nos jours le castor sur toutes les pièces de cinq sous qui passent entre nos mains. Mais fût un temps où l’animal, emblème du Canada, prenait une bien plus grande importance, capitale dans le quotidien des habitants d’ici.

C’est que les peaux de cet animal ont longtemps fait partie de l’économie canadienne autrefois basée sur la traite des fourrures qui, pendant près de 250 ans, du début du XVIe siècle jusqu’au milieu du XIXe siècle, est un vaste commerce qui occupe tout le territoire qu’on désigne aujourd’hui comme étant le Canada.

On estime même que  ce sont les profits de la traite des fourrures qui ont soutenu les missionnaires et qui ont permis d’envoyer des centaines de colons vers la colonie pour éventuellement fonder Ville-Marie, un centre missionnaire, qui deviendra Montréal.

De nombreux postes de traite sont établis le long du Saint-Laurent afin d’y échanger des peaux avec les peuples locaux. Même chose pour Québec et Montréal qui elle, devient rapidement le centre du commerce des fourrures ainsi que le point de départ des expéditions d’exploration du continent. Et c’est ce commerce qui devient, pour des années, le moteur économique de la nouvelle ville.

Ce sont les peaux de castor qui sont à l’époque les plus prisées sur le marché européen auquel on les destine presque toutes. Mais attention, il fallait alors être vigilant et ne surtout pas confondre le castor gras avec le castor sec!

La peau du castor gras est traitée et portée pendant une saison entière par des chasseurs autochtones avant d’être vendue. Cette dernière a été travaillée au préalable : grattée et frottée avec de la moelle animale et cousue en manteaux, la fourrure vers l’intérieur. Puis, pendant les mois qui suivent, les longs poils se détachent grâce au frottement avec la peau du chasseur. On dit aussi que la sueur de ce dernier aide à lubrifier les peaux et leur procure une souplesse.

Quand ils reçoivent le matériel, les chapeliers européens enlèvent le duvet qui reste accroché à la peau afin d’en faire du cuir et du feutre, matières qui sont ensuite transformées en chapeaux.


De leur côté, les peaux de type « castor sec » sont simplement séchées au soleil. Comme elles n’ont pas été travaillées, ni portées, une fois arrivées en Europe, elles doivent subir un peignage visant à enlever les poils de protection. Les peaux de type castor sec sont moins prisées que celles du castor gras, mais elles sont vendues plus facilement aux négociants à cause de leurs prix bas.
Les peaux de castor avaient une valeur élevée pour les Amérindiens. Autour de 1733, contre une peau, on pouvait obtenir des Européens une bouilloire, une paire de chaussures, deux chemises, une couverture, huit couteaux, deux livres de sucre ou un gallon de brandy, par exemple, des objets autrefois très rares ici.

Même si la traite des fourrures décline sur le plan économique à partir du début du XIXe siècle, il ne faut jamais oublier que la peau de castor a été un élément essentiel du développement des relations entre les peuples autochtones et les colons européens. Et c’est sans parler de son apport à la croissance de Montréal!

Sources :

Encyclopédie canadienne

Encyclopédie canadienne 2

Histoire du Québec

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